"Notre voix, c'est qui l'on est vraiment"

Portait d'Emmanuelle, auteur-compositeur-interprète

Tout d’abord merci Emmanuelle de te prêter au jeu de l’interview. C’est un grand plaisir pour moi de venir à ta rencontre pour en apprendre plus sur toi.

Nous nous sommes rencontrées une première fois au temps de l’insouciance, en janvier 2020. À cette époque, je voulais apprendre à chanter et nous tentions ensemble d’apprivoiser Nirvana ! Le programme était alléchant, tu m’avais transmis ton énergie et j’ai été séduite par ta personnalité si généreuse. Le contexte a mis fin à cette aventure.

Nos chemins se sont recroisés 2 ans plus tard dans le cadre du projet de création de la tribu Je Suis La Femme de ma vie.

Alors, avant de revenir sur ce sujet Emmanuelle, peux-tu nous en dire plus sur toi.

Bonjour, je suis Emmanuelle, plus connue sous le nom d’Emma Dupéré, interprète, compositrice et auteur depuis tout le temps ou presque !

Quels chemins as-tu pris pour arriver jusqu’à nous et à Toulon ?

Je te répondrais spontanément « le chemin de l’amour »… Je suis québécoise et c’est la rencontre avec mon mari Laurent que j’ai rencontré au Québec lorsque j’avais 16 ans, qui a changé la trajectoire de ma vie. Lui est originaire de Toulon et je suis donc venu m’installer en France quand j’avais 20 ans.

Qu’est-ce qui t’a le plus surprise quand tu es arrivée ?

La beauté de la France, ce pays est vraiment magnifique et tellement diversifié. Chaque région a ses particularités, ses coutumes, ses accents et il y a toujours des spécialités culinaires à découvrir.

Et aussi, j’ai été assez surprise par une sorte d’exubérante verbale, de fierté à donner son opinion, à discuter, voire à s’engueuler sur des sujets qui apparaissent à mes yeux pas très importants, par exemple sur la politique. Et, lorsqu’il s’agissait de parler de soi, de quelque chose de plus intime, je sentais une sorte de gêne qui me semblait assez paradoxale. Par exemple donner son salaire, c’est quelque chose qui parait impensable à demander, très peu de personnes parlent de ce genre de sujets.

Nous les Français nous sommes connus pour être des râleurs incorrigibles, tu en penses quoi toi ?

Est-ce qu’on peut dire « joker » à cette question… ha ha ha !!! C’est vrai qu’au début pour moi, c’était surprenant, car les québécois ne sont pas des râleurs. Et donc, j’ai été assez surprise de ce comportement, mais maintenant je pense que je suis vraiment devenu française, parce que je râle souvent, ha ha ha !!

Tu as beaucoup voyagé semble-t-il, peux-tu nous dire ce que tous ces voyages t’ont apporté ? En quoi t’ont-ils enrichie ?

Oui, j’aime beaucoup les voyages. Je suis quelqu’un de curieuse et le fait de découvrir des cultures différentes, des paysages nouveaux, des façons de concevoir la vie qui sont quelques fois à l’opposé de notre vision, ça me passionne. J’ai voyagé pendant 6 mois en Inde puis au Népal quand j’avais 19 ans, en plus c’était un voyage en couple.

C’est un voyage qui m’a beaucoup marqué, car l’Inde était vraiment très différent du pays où j’ai grandi. En plus, on a voyagé comme des routards, ne sachant pas où on allait dormir d’un soir sur l’autre. Mais, je suis vraiment heureuse d’avoir pu faire à cet âge un voyage comme celui-là. Je trouve que ça ouvre sur le monde, on apprend tellement sur soi, sur les autres, sur le fait que l’on devient « l’étranger » celui qui est différent et c’est assez étrange comme sensation et très formateur. Et comme dit si bien le proverbe : « les voyages forment la jeunesse » et c’est tout à fait vrai 

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As-tu une destination coup de cœur ? Si oui pourquoi ?

Oui, le Japon. C’est un pays où je me sens chez moi, j’ai une connexion profonde avec ce pays, qu’il met assez difficile d’expliquer. Quand on me demande ce que j’aime au Japon et bien j’aime tout.

J’aime les paysages, j’aime la sérénité, j’aime la gentillesse des gens, j’aime l’architecture, j’aime la ponctualité des trains, j’aime le thé, j’aime les temples, j’aime leur esthétique, souvent très épuré.

Puis j’adore leur gastronomie, je suis fan de sushis depuis mon adolescence, mais j’ai aussi découvert beaucoup plus que les sushis ! J’ai découvert une cuisine qui est servie dans certains temples, végétarienne, car préparée par des moines bouddhistes, et c’est vraiment non seulement délicieux, mais aussi vraiment beau à regarder.

Je suis quelqu’un qui ne mange pas souvent des desserts, mais les desserts japonais sont les meilleurs au monde pour mes goûts, j’en mangerais à tous les repas ! Et puis j’aime aussi le saké que j’ai appris à découvrir et savourer au fur et à mesure de mes voyages là-bas.

Je suis tellement passionnée par le Japon, que je me suis formée à l’art floral japonais qu’on appelle l’ikebana. J’ai donné pendant quelque temps des cours, je continue à en faire pour moi, mais c’est un art qui est assez codifié et complexe, malgré souvent la simplicité du résultat.
Bon, je pourrais parler du japon durant des heures… En fait, il faudrait plutôt me demander ce que je n’aime pas du Japon, ce serait moins long 😉

Ta passion, c’est la musique, le chant. Qui est-ce qui t’a inspirée ? Comment es-tu tombée dans la marmite ?

Je suis tombée dedans dès mon enfance, car mon père est compositeur de musiques et notamment des musiques du cirque du soleil. Donc, j’ai grandi entourée de musiques. Mes plus beaux souvenirs d’enfance sont souvent avec de la musique.

J’écoutais des opéras avec mon père qui m’expliquait toute la subtilité de cette musique. Et j’adorais sécher l’école pour aller écouter mon père jouer en public. Je pense que ça m’a permis d’avoir une mémoire musicale sans trop faire d’efforts, comme les enfants qui apprennent des langues étrangères dans leur enfance. Il y a une grande facilité à cet âge à s’imprégner de ce qui nous entoure.

Qu’est-ce qui te procure le plus de plaisir dans la musique et pourquoi ?

J’aime chanter, car pour moi la voix, c’est « qui est on est vraiment ». On ne peut pas tricher quand on chante, ça vient du plus profond de nous et je pense que c’est ce qui touche autant dans la voix humaine.

J’aime aussi composer des chansons. J’aime partager ma vision de la vie, une vision positive, avec toujours de l’espoir et une envie d’inspirer les gens à être plus heureux.

La voix, c’est pour moi le plus bel instrument du monde. Et, nous sommes chanceux quand nous l’avons à notre disposition, nous sommes notre instrument, c’est magique, je trouve !

As-tu des styles préférés et des styles que tu aimes moins ?

J’aime beaucoup de styles différents. J’ai grandi en écoutant des chanteuses américaines tendance folk et aussi beaucoup de chanteurs québécois. Mais j’aime aussi les anciennes chanteuses de jazz comme Julie London. Il y a des chefs-d’œuvre en musique classique, comme les suites pour violoncelle seul de Bach ou l’opéra « La Traviata » qui font partie de ce que j’aime écouter.

Je ne suis pas une grande amatrice de rap et de slam, le heavy metal, peut-être parce que je ne m’y suis pas assez intéressée.

Si tu devais nous citer une chanteuse que tu aimes par-dessus tout ?

Oh la la, question pas facile !! Je dirais Tori Amos. C’est le concert le plus impressionnant et le plus intense que j’ai vu de ma vie. J’aime beaucoup chez elle, le fait qu’elle se renouvelle sans cesse.

Et un chanteur ?

Je préfère écouter des chanteuses que des chanteurs, mais j’aime bien James Taylor, ses chansons me parlent et aussi sa simplicité.

Tu apprends depuis peu le violoncelle ? Tu peux nous dire pourquoi ?

J’ai commencé à apprendre le violoncelle quand j’étais adolescente. Mes parents m’en avaient acheté un et j’avais envie d’apprendre. Je suis tombée sur une professeure un peu rigide, pas très sympa et le violoncelle, c’est un instrument difficile. À ce moment-là, je ne pense pas que j’avais ni la patience, ni la rigueur pour apprendre un instrument comme celui-là. Donc, j’ai arrêté. Le violoncelle a été revendu, mais dans un coin de ma tête l’idée de reprendre un jour était présente.

Donc, l’été dernier, je me suis levé un matin et j’ai commandé un violoncelle et une semaine plus tard, je commençais les cours avec mon professeur ! Je suis tellement heureuse de ce choix et de m’y être remise. Pour moi, le violoncelle, c’est le plus beau et magique instrument du monde !

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C’est un instrument compliqué ?

Oui, car pour trouver la justesse, c’est vraiment compliqué. On n’a pas ce problème avec le piano qui est toujours juste. Et il y a l’archet, c’est déjà toute une histoire à maîtriser. Mais, je suis contente parce que je commence à me faire plaisir sur certaines chansons, et mon objectif est de pouvoir jouer du violoncelle sur mes propres chansons. Je l’utilise souvent sur mes chansons.

Tu joues de la guitare, du ukulélé, du piano… tu as une préférence ?

Pour moi chaque instrument a une sonorité et une utilité un peu différente, mais je dirais le piano. J’aime la profondeur de cet instrument et les ambiances que l’on peut créer. Sur mon album en français que je suis en train de créer, toutes les chansons ont du piano, c’est vraiment un instrument que j’affectionne particulièrement.

Tu donnes aussi des cours de chant, tu as un ensemble vocal, qu’est-ce que tu aimes dans le fait de transmettre ton art ?

J’aime le partage, j’aime aussi voir les gens se découvrir en découvrant leur voix. Notre voix est quelque chose de très intime et oser chanter ce n’est pas toujours simple. J’aime accompagner cette découverte de sa voix et de soi.

Tu as accepté de nous rejoindre dans l’aventure de Je suis la Femme de Ma Vie, tu peux nous dire ce qui t’a décidé ?

Toi, notre rencontre, car j’avais beaucoup aimé notre partage autour du chant et je sais que tu es quelqu’un de passionnée par la musique.

Et aussi, je suis assez sensible aux projets qui regroupent des femmes. J’ai eu dans ma vie des expériences uniquement entre femmes et je trouve qu’il y a une énergie, quelque chose qui nous unit. J’aime avoir des expériences nourrissantes, échanger et apprendre à nous connaître dans nos diversités.

Peux-tu dire toi que tu es une femme de ta vie ? Et pourquoi ?
Je dirai que je me sens être une femme de ma vie, car chaque jour je fais de mon mieux pour faire des choix qui me rendent heureuse, qui font que ma vie ressemble à ce que je veux.

Souvent, je prends conscience du côté éphémère de notre présence sur cette terre et au lieu de me déprimer, cela me permet de vivre une vie intense, passionnante et de ne pas rester dans des situations qui ne me conviennent pas. Je crée une vie qui a du sens pour moi et où je suis heureuse de me lever chaque matin. C’est un peu ma philosophie vie.

Quels conseils tu donnerais aux femmes qui nous lisent et qui ont envie d’être la femme de leur vie ?

D’oser être qui elles sont sans se soucier du jugement et des critiques des autres. Le plus important, c’est ce que l’on pense de soi, c’est notre propre avis et vision de nous-même. Si l’on est fière de soi, heureuse de ce que l’on vit, pour moi, c’est le plus important.

On donne souvent beaucoup d’importance aux autres, mais il n’y a que nous qui pouvons savoir ce qui est nous rend heureux, ce qui nous fait vibrer, ce qui nous donne envie d’être la femme de notre vie.

Pour finir, tu veux nous parler de tes projets pour cette année 2022 ?

Comme je suis auteure-compositeur-interprète, je suis en train de préparer un album de chansons en français. J’ai toujours composé en anglais, ce n’était pas vraiment un choix, c’était en anglais que mes chansons me venaient. Et puis, d’un coup, il y a un peu plus d’un an, j’ai commencé à écrire en français. C’est cet album que je prépare actuellement et qui devrait sortir bientôt.

Et j’ai aussi un autre album en préparation qui sera uniquement en anglais.

C’est assez étrange, car j’ai sorti un premier album en anglais en 2018, et je suis assez surprise moi-même de voir que je ne compose pas du tout de la même façon en anglais et en français. C’est surtout au niveau des thématiques, en français, c’est plus personnel et aussi plus profond.

En anglais, j’ai souvent des chansons assez joyeuses. Mais, que ce soit en français ou en anglais, ce qui est important pour moi, c’est de toujours avoir des messages empreint d’espoir, de positivisme, peu importe la thématique dont je parle.

Emmanuelle, je te remercie encore une fois du fond du cœur pour ce partage, pour la chanson que nous avons créée ensemble.

Si je devais retenir 3 mots de ce partage passionnant, je retiendrais : découverte, amour, joie.

En as-tu d’autres que tu voudrais ajouter ?

Non, c’est parfait.

Nous avons la chance d’être voisines puisque tu as rejoint la Tribu et tu habites l’un de nos villages. Il y a plein de belles choses en prévision, à créer ensemble pour réunir toutes les guerrières et passer des moments inoubliables et je suis ravie d’avancer avec toi.

J’en profite pour te remercier Emmanuelle ainsi que Manon, Marine, Emmanuelle qui prêtent leurs voix au projet Je Suis la Femme de Ma Vie, mais je n’en dis pas plus !

Okini Emmanuelle

Crédit photo Studio Polidori

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